Contrairement à celle du réseau, l'eau de pluie n'est ni calcaire, ni chlorée, ni trop froide, qualité appréciée des plantes du jardin. Elle a de plus l'immense avantage d'être gratuite. Attention cependant : ne récupérez pas l'eau de toits couverts de toile goudronnée ou de matériaux d'étanchéité bitumés qui libèrent des hydrocarbures. Pour les bardeaux de bois, il faut attendre environ un an avant que l'eau soit bien claire et ne contienne plus de tanins.
Le potentiel de récupération d'eau de pluie est important puisque l'on peut collecter selon les régions entre 45 et 80 m3 pour 100 m² de toiture. De quoi assurer, en théorie, la totalité des besoins d'arrosage d'un jardin de 200 m², si les pluies sont bien réparties, ou si vous disposez d'un réservoir d'une capacité suffisante.
Selon le budget que vous êtes prêts à consacrer, on peut distinguer schématiquement trois cas de figure :
1 - Equipement minimal et peu coûteux :
Cuve plastique de 200 à 800 litres (en jardinerie ou de récupération) à installer au pied de votre descente d'eau de pluie. Evitez le PVC et préférez le polyéthylène. A disposer si possible sur un support qui permet de poser son arrosoir sous le robinet situé au pied de la cuve. L'ensemble étant d'une esthétique douteuse, prévoyez de le cacher avec des plantes grimpantes. N'oubliez pas de vidanger votre cuve avant les risques de gelés.
2 - Equipement plus conséquent, à partir de 1000 ou 1500 litres
Les fabricants spécialisés proposent différents modèles de cuves en polyéthylène de 1000 à 2000 litres. Vous pouvez en connecter plusieurs ensemble. Là encore, recouvrez-les de plantes grimpantes et pensez à vidanger en hiver. Ou alors optez pour une citerne conçue pour être installée dans une cave (cuves de 700 à 1100 litres qui passent par une porte). Il existe enfin des citernes à enterrer en polyéthylène renforcé, à partir de 3500 litres, mais l'investissement est nettement plus élevé.
Collecteur filtrant à double position été / hiver et capable de jouer le rôle de trop plein. Il s'adapte facilement sur la gouttière.
Raccords, robinets, embouts et tuyaux pour jumeler deux cuves... sont disponibles chez certains fabricants.
Si votre toit est parfois couvert de feuilles : Stop-feuilles, une astucieuse grille cylindrique à disposer tout le long de la gouttière, ou bien, s'il y en a peu, une simple crapaudine à installer au départ de la descente.
Vous pouvez arroser avec des tuyaux suintants ou envisager l'achat d'une petite pompe électrique pour arroser au jet. Votre investissement sera amorti en deux ou trois ans, compte tenu du prix de l'eau économisée.
3 - La cuve enterrée, pour le jardin et la maison
Pour ne pas manquer d'eau au jardin et alimenter en outre vos WC et votre lave-linge, il faut passer aux cuves enterrées en béton de 10 ou 15 m3. Le béton armé a l'avantage sur le polyéthylène de neutraliser l'acidité de l'eau de pluie (liée aux rejets de combustion, notamment en zone urbaine) et il est nettement moins cher pour les grandes capacités.
L'utilisation de plusieurs fosses toutes eaux en béton de 4000 litres reliées entre elles est une solution économique. Là aussi prendre toutes les précautions (grilles, bac de décantation) pour éviter l'arrivée dans la cuve de feuilles et autres débris. Pour alimenter vos chasses d'eau et votre machine à laver, il faut prévoir un groupe hydrophore (pompe + petit ballon qui maintient l'eau sous pression) et, en aval, deux filtres en série de 20 microns puis de 10 microns en tissu ou cellulose (à nettoyer ou changer dès qu'ils sont colmatés). Attention, toute connexion entre l'eau de pluie et l'eau du réseau est absolument interdite.
L'eau de pluie peut également être utilisée pour d'autres usages dans la maison - et même pour l'eau de boisson, mais il faut pour cela investir dans des systèmes de filtration secondaires plus poussés (céramique + charbon actif ou osmose inverse).
Source : Terre Vivante